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  • : Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
  • : Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!
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26 juin 2007 2 26 /06 /juin /2007 00:00
L'avion qui mène à Islamabad est plein comme un oeuf. Sur trois-cent-cinquante passagers, il n'y a  seulement que quelques femmes. L'avion tangue furieusement à l'atterissage face aux fortes bourrasques de vent. Peu d'attente à l'aéroport. Une pluie abondante éclate sous un ciel chargé. Le long des grandes avenues qui nous ramènent de l'aéroport, notre voiture dépasse de petits bus magnifiquement chamarrés qui représentent les transports publics au Pakistan.
Mon hôte me demande si je sais à qui appartient le profil éclairé qui domine la route. C'est Ali Jinnah, le fondateur du  Pakistan dont la mémoire est vivement célébrée ici. Trois mots  éclairés résument la doctrine qui préjuge de la naissance du Pakistan "Faith-Unity-Discipline". Pour tout Pakistanais la partition est la concrétisation d'une aspiration à la liberté. Celle de vivre notamment sa religion.
Les directives de conduite pour l'étranger sont ici à appliquer avec le plus grand respect. Chaque matin et soir, on viendra me chercher pour me ramener à l'hotel.  L'hotel Serena est peuplé d'hommes d'affaires. Les conditions d'entrée y sont très surveillées. Un militaire en uniforme à la moustache vaillante soulève le capot de la voiture. Les marques Japonaises ou coréennes constituent l'essentiel du marché automobile.  Islamabad est une ville artificielle construite en soixante-huit, adossée aux collines. Les politiciens l'ont imaginé pour pouvoir profiter en toute tranquilité de leur pouvoir loin des rumeurs tournoyantes des villes de Lahore et Karachi. Elle est moins représentative du Pakistan que les autres villes. Elle a considérablement grandi en population. Les habitants aiment sa tranquillité (qui va s'étiolant dans le temps) et la liberté qui semble y régner. On peut y vivre en toute sécurité et y mener rondement ses affaires. C'est ce que suggère Aster, serveuse à la pâtisserie de l'hotel, qui déclare pouvoir y vivre plus facilement en femme célibataire et indépendante que dans les autres villes. "Tous les jours, je remercie Dieu" dit-elle "pour le bonheur qu'il me donne."
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24 juin 2007 7 24 /06 /juin /2007 08:20
Muscat : sultanat d'Oman. Entre mer et montagne, cette destination est un havre de tranquillité pour les touristes et les sportifs. Une tornade a dévasté une partie de la ville. Les plages sont impraticables, le centre-ville est provisoirement sans électricité. Pourtant, Oman est un petit paradis. Les commerçants débordent d'honnêteté. Il n'y a que quelque chat squelettique, au regard insolent qui puisse être agressif. Derrière l'abondance et la belle architecture sentant le neuf comme une cire d'abeille, en prenant un pas contraire, on croise parfois une apparence de dénuement. Ferrailles dépassant des combes, toits éreintés, poussières de chantier, murs laissés pour compte et plastiques flottant au gré du vent. Nombreuses sont les petites échoppes s'occupant de la maintenance des appareils électroniques et des téléphones. Une véritable industrie. Les autochtones, riches d'un pétrole abondant, ont réussi à rendre cette côte adossée au rocher, forte accueillante. Parfois on se croirait même sur une autre planète. L'entrée de Muscat est particulièrement spectaculaire. Une promenade magnifique  déroule ses dalles le long du port. À chaque pose, des statues de pierre affichent un méli mélo de dauphins aspirant à l'envol. Devant l'horizon, les lourds cargos formant un rideau d'acier aux larges pans de couleur. Des petits vaisseaux en bois en cheval d'arçon, prêts à arpenter les vagues, se laissent bercer, amarrés à quelques encablures du port. A droite, des adolescents jouent au cricket dans une palmeraie avec tout le sérieux que la chaleur leur octroie. Les hommes portent une robe blanche, un petit chapeau rond et léger. Les femmes, elles, sont en noir des pieds à la tête. À peine un petit liseré sur la robe pour apporter une touche personnelle. A l'opposé de la baie, on distingue une splendide mosquée surmontée d'une grosse boule bleue chamarrée. A l'horizon, la porte de Muscat apparaît sur un rocher, immense champignon tout rond et blanc laiteux. Derrière la grande arche, couleur de terre, évidence logique des petits fortins qui fleurissent aux abords de Muscat, La vieille ville offre alors aux visiteurs le magnifique palais du Sultan précédé d'une longue allée de pierre. Oman aime le business mais discrètement. Loin des magnificences arrogantes de Dubaï, Oman est la petite Suisse de la région, me dit un Pakistanais. Je croise au restaurant un groupe de jeunes et belles femmes devisant et portant un même sari aux teintes jaunes mordorés et de fières lunettes de soleil. Oman vit un islam quiet.
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21 juin 2007 4 21 /06 /juin /2007 00:03
J'ai accepté la mission qui consiste à former pendant cinq jours à Islamabad une quinzaine d'ingénieurs pakistanais aux nouvelles technologies. La préparation du voyage ne se fait pas sans quelques heurts. Obtenir un visa, cela est relativement simple. Le problème survient lorsqu'un manager quelquepart en Europe me propose de diminuer mon séjour à Islamabad pour des questions de sécurité. Je dois réduire mon séjour de sept à quatre jours. Islamabad menace de réduire le contrat à néant (celui-ci prévoit d'autres cycles de formation). Recul du management. On me demande d'être particulièrement vigilant. J'embarque enfin pour Islamabad en passant par Muscat dans le sultanat d'Oman. Capitalisme sauvage? Les éléves sont conviés à travailler samedi et dimanche afin de limiter leur absence de leur entreprise respective. Voici un extrait des règles de conduites que Shahid me fait parvenir d'Islamabad.
    WELCOME  TO  PAKISTAN
Hello,
Mr.  G. T.,
We invite your attention to the following:
As per government of Pakistan regulations, you are not permitted to bring any hard drinks into Pakistan.
I will personally receive you at Islamabad airport.  I will be waiting for you in the arrival area  and transport company's driver will be standing close to the arrival exit displaying your name.  Please open my Photograph in attached file for identification.

If you have any over sized luggage, which cannot fit into the boot/trunk of the car then please inform us prior to departure from your country for     necessary arrangement.

Islamabad--Minimum 30 degree C,  Maximum 42 degree C
We work Monday thru Friday, our weekend is Saturday and Sunday. Our office hours are 08:30 to 17:00 hours, flexi lunch break is for 45 minutes from 13:00 to 13:45.
You are requested to exercise the following precautions:
1.    Have your meals at the Hotel only.

2.    Keep sight of your briefcase/luggage

3.    For any necessary personal travel, please use hotel "RENT-A- CAR".

A)    Tips from Medical Adviser

1.    Drink bottled Mineral Water during your stay.

2.    Avoid cold platters, Salads and Dressings specially where raw Eggs have been used. Cream and Ice Cream are suspect to better avoid.

3.    Take hot freshly cooked food and fresh fruits.
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17 juin 2007 7 17 /06 /juin /2007 00:03
La révolution a abrogé dans la nuit du 4 août 1789 les corporations, maîtrises et jurandes et proclamé la liberté du travail. Yves Guyot décrit le monde du travail avant 89. 
"Le commerce et l'industrie de Paris appartenaient à six corporations: les drapiers, les épiciers, les merciers, les pelletiers, les bonnetiers et les orfèvres. Nul ne peut s'établir boucher à Paris sans l'agrément de la corporation des bouchers. Il fallait pour le harnachement d'un cheval le concours de six corporations : les chaisiers faisaient le fond de la selle ; les bourreliers, les troussequins; les peintres selliers, les ornements; les blasonniers ; les armoiries; les lormiers, le mors, les gourmettes et les étriers... Il y eut aussi dans le Xivème un grand combat entre les rôtisseurs et les poulaillers. Les poulaillers reconnaissaient aux rôtisseurs le droit de rôtir un boeuf,mais leur déniaient le droit de rôtir un poulet. Les marchands, se considérant d'une caste supérieure ne voulaient rien avoir en commun avec "les artisans". Les merciers se vantaient d'avoir détaché de leurs corps les tapissiers qu'ils considéraient comme inférieurs. Les maîtres formaient une caste à part. Ils étaient les véritables possesseurs de la corporation : pour eux comme pour leur famille, tout était faveur. L'apprenti qui n'était point fils de maître, devait pendant de longues années non seulement travaillé pour le maître, sans salaire, mais payer lui-même. Celui qui ne payait en argent devait s'acquitter en sacrifiant un certain nombre d'années.
L'engagement de l'apprenti avait lieu devant le maître et était irrévocable. Livré tout entier à son maître, soumis à tous les caprices et à toutes ses exigences, l'apprenti n'était pas admis à déposer contre lui devant les prud'hommes. C'était un serf. Tous les règlements parlaient des devoirs de l'apprenti, aucun ne parle des obligations du maître. Le fils du maître était ouvrier de naissance.
Les corporations avaient des règlements ayant pour but d'uniformiser leur fabrication. Colbert en 1669 édicta quatre grandes ordonnances. Toute initiative personnelle était sévèrement réprimée. L'ordonnance du mois d'août 1669 prescrit les longueur et largeur que doivent avoir les draps. Le 18 mars 1671, Colbert publie une instruction en trois cent dix-sept articles pour composer les couleurs. Les règlements concernant le tissage entrent dans les plus minutieux détails. À tout instant, nos fabricants s'apercevaient qu'ils ne pouvaient produire ce que leur demandait l'étranger. Alors ils sollicitaient le gouvernement de vouloir bien apporter quelques modifications à ses réglements. Aujourd'hui le fabricant tissait une étoffe que le lendemain un règlement lui interdisait de vendre. Pour maintenir cette réglementation, sans cesse la maréchaussée, les inspecteurs tombaient dans les ateliers, bouleversant tout, s'appropriant les procédés secrets, les dévoilant, suspendant le travail, ruinant souvent le crédit par une fausse ou mauvaise interprétation de l'état des affaires. Un arrêt de 1784 prescrit que la longueur des mouchoirs fabriqués dans le royaume soit égale à la largeur. Turgot proclama la liberté du travail et cela lui coûta son ministère. Pourtant dès 1614, le Tiers-état avait demandé que toutes maîtrises de métiers fussent éteintes". Ce système de corporations de jurandes faisait si bien partie de l'échafaudage de féodalité et d'inégalité de l'Ancien Régime que ce fut dans la nuit du 4 août 1789 qu'il disparut."
Ainsi pour la révolution française le contrat doit se faire individuellement de gré à gré. La loi Le Chapelier en 1791 se basera sur cet esprit pour ne pas concéder aux ouvriers qualifiés parisiens un salaire minimum journalier et un contrat collectif. "L'anéantissement de toutes les espèces de corporations des citoyens du même était et profession, étant une des bases fondamentales de la constitution française et il est défendu de les rétablir sous quelque forme que ce soit..."
Cette loi discutable aujourd'hui et sans doute moins à l'époque devait rester en vigueur jusqu'en 1864 et fut toujours dénoncée par les Socialistes. Elle avait au moins pour avantage d'interdire également les associations entre patrons et de limiter l'abus de pouvoir syndical.
Référence : Yves Guyot: les principes de 89 et le socialisme
François Crouzet: La logique libérale de la révolution française
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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 00:03
La diminution du temps de travail était un sujet anticonstitutionnel aux U.S.A dès 1905
En 1897, une loi connue sous le nom de "Loi du travail de l'État de New-York" défendant à un salarié de travailler plus de dix heures par jour, même s'il veut augmenter son salaire a fait l'objet de contestations et le 20 mai 1895, elle fut déclarée inconstitutionnelle. Cette loi restreint nécessairement le droit de contracter entre l'employeur et l'employé concernant le nombre d'heures de travail. Le droit général de faire un contrat en rapport avec ses affaires est une partie de la liberté individuelle protégée par le 14ème amendement de la constitution des États-Unis.
"Il n'y a pas de base raisonnable pour restreindre la liberté d'une personne ou le droit de libre contrat en déterminant le nombre des heures de travail... Considérée comme une simple loi de travail, nous pensons qu'une loi telle que celle-ci ne comprend ni la sûreté, ni la morale, ni le bien-être du public et que l'intérêt du public n'est pas au moindre degré intéressé par un tel acte. On peut soutenir que la loi protège la santé de ceux qui sont engagés dans la profession de boulanger. Mais elle n'affecte aucune autre partie du public. La propreté et la qualité du pain ne dépendent pas de ce que le boulanger ne travaillera que dix heures par jour ou soixante heures par semaine. La limitation des heures de travail ne tombe pas de ce chef sous le pouvoir de la police.
L'interdiction de faire aucun contrat, dans la boulangerie qui fixerait un certain nombre d'heures de travail par jour, est, à notre avis, si en dehors d'une mesure convenable et juste qu'elle porterait atteinte à cette liberté de personne et de libre contrat garantie par la constitution fédérale. (juillet 1905 Bulletin of the Bureau of Labor). Référence : La démocratie individualiste d'Yves Guyot.
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9 juin 2007 6 09 /06 /juin /2007 00:29
Je partage la fascination d'Edouard Fillias  pour la révolution française. En témoigne nombre d'allusions dans ses articles. "La Révolution, la première, celle de 1789 avec laquelle nous voulons renouer, est née contre les privilèges et les inégalités, devenus insupportables alors que la pression fiscale ne cessait de s'accroître."  Les révolutions française et américaine marquent les grands débuts du libéralisme. La gauche française n'aime pas vraiment la révolution française, soupçonnée d'être une révolution inspirée par la grande bourgeoise. Elle garde la nostalgie des Sans-Culottes qui rêvaient de taxer les riches et de fixer les salaires... Quand la gauche française rêve de révolution, celle-ci est une posture inépuisable où le parangon de l'opprimé 2007 peut être ce jeune facteur de Neuilly et le parangon du révolutionnaire, le Che. Voir le blog de OB (Besançenot):  "(l'année 2007) ce sera une nouvelle fois l'occasion de faire du bruit, en préparant les mobilisations sociales et les résistances nécessaires pour que les opprimés et les exploités, bref la majorité, arrive à arracher à une minorité les droits légitimes qu’ils revendiquent..."
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5 juin 2007 2 05 /06 /juin /2007 00:07
On ne devrait pas dire "réchauffement climatique". En effet, il existe deux types de réchauffement climatique. Le premier est le réchauffement périodique provoqué par les mystères de notre planète. Le second est conséquence de l'activité humaine. Le premier est peut-être pour 80% dans le "réchauffement climatique". Le second serait une portion congrue du grand réchauffement climatique. Sans doute 20%. L'énoncé du vocable "réchauffement climatique" suppose que par définition le réchauffement climatique serait provoqué principalement par les émissions de CO2. On lira avec attention le bel article de David Evans, "I Was On the Global Warming Gravy Train", un scientifique qui y a cru. "J'ai récemment parié $6.000 que la cadence du réchauffement global ralentirait dans les deux décennies suivantes. L'émission de carbone pourrait être la cause dominante du réchauffement global, mais je compte sur une probabilité de 20% plutôt que les 90% des évaluations de l'IPCC.
Imaginez le scénario suivant. L'émission de carbone entraîne une hausse des températures, peut-être 0.05 C/decade. Mais la cadence du réchauffement actuelle de 0.20C/decade est principalement due à une cause normale, qui en 15 ans s'est réalisé puis va s'inverser. Ainsi vers les 2025, les températures globales vont commencer à baisser. En attendant, sur la base de modèles et non d'observation d'un petit groupe de climatologues  (parce que le petit réchauffement dû à l'émission de carbone est masqué par le plus grand réchauffement normal), le monde va avec dévouement payé un énorme coût pour limiter l'émission de carbone."
 
Le réchauffement climatique (provoqué par l'homme) - est un sujet élastique, préjugeant de toutes les possibilités d'intervention. Un billard pour les politiciens en manque d'inspiration! Il faudra attendre 2025 pour dégonfler la baudruche.
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1 juin 2007 5 01 /06 /juin /2007 00:05
Une émission intéressante de Culture d'Islam animée par Abdelwahab Meddeb le 13 mai 2007. Elle réunit Jeanne Favret-Saada et Mohamed Sifaoui, auteur de reportages sur l'islamisme militant...  Pour Jeanne Favret-Saada, le Danemark est un des pays les plus accueillants de la planète. Là, dans les années 80,  une petite partie des musulmans vit sous les bienfaits de l'état-providence, logée gratuitement, s'organisant en communauté grégaire, en ghetto, refusant de d'apprendre la langue et rejetant les valeurs démocratiques. L'affaire des caricatures éclate. Les politiciens occidentaux loin de renvoyer les revendications ahurissantes des Islamistes dans les cordes ne disent pas non, voire comme Chirac, les justifient à demi-mot. Loin d'un pays "raciste", le Danemark défend les valeurs démocratiques avec bien plus d'énergie que les autres pays européens. Il n'a pas craqué contrairement aux autres et ne se s'est pas confondu en excuses.
Pour Mohamed Sifaoui, les télévisions françaises, avec un mépris qui veut ne pas froisser ces susceptibles musulmans, ne montrent pas les dessins à l'écran. L'Islam politique en Europe n'est pas dans une logique de défense de l'Islam mais dans une logique politique. Le double discours est une seconde nature dans ces organisations. Mentir à un non musulman est normal et nécessaire pour faire progresser la cause. A écouter ici.
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31 mai 2007 4 31 /05 /mai /2007 22:35
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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 00:08
Bastiat fait une analyse purement économique de la colonisation dans un de ses derniers pamphlets "Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas". Il s'insurge totalement contre tout projet pharaonique qui serait basé sur un prélevement de l'impôt. Il prend ironiquement le terme de Barbarie pour parler de l'Algérie afin de se moquer de l'emphase des défendeurs du projet.
"Mais voici quatre orateurs qui se disputent la tribune. Ils parlent d’abord tous à la fois, puis l’un aprés l’autre. Qu’ont-ils dit? De fort belles choses assurèment sur la puissance et la grandeur de la France, sur la nécessité de semer pour récolter, sur le brillant avenir de notre gigantesque colonie, sur l’avantage de déverser au loin le trop-plein de notre population, etc., etc. ; magnifiques pieces d’éloquence, toujours ornées de celte péroraison :
Votez cinquante millions (plus ou moins) pour faire en Algérie des ports et des routes, pour y transporter des colons, leur bâtir des maisons, leur défricher des champs. Par là vous aurez soulagé le travailleur français, encouragé le travail africain, et fait fructifier le commerce marseillais. C’est tout profit." Oui, cela est vrai, si l’on ne considere lesdits cinquante millions qu’à partir du moment où l'État les dépense, si l’on regarde où ils vont, non d’où ils viennent; si, I’on tient compte seulement du bien qu’ils feront en sortant du coffre des percepteurs, et non du mal qu’on a produit, non plus que du bien qu’on a empêché, en les y faisant entrer; oui, à ce point de vue borné, tout est profit. La maison bâtie en Barbarie, c’est ce qu’on voit; le port creusé en Barbarie, c’est ce qu’on voit; le travail provoqué en Barbarie, c’est ce qu’on voit; quelques bras de moins en France, c’est ce qu’on voit; un grand mouvement de marchandises à Marseille, c’est toujours ce qu’on voit. Mais il y.a autre chose qu’on ne voit pas. C’est que les cinquante millions dépensés par l’État ne peuvent plus l'être, comme ils I’auraient été, par le contribuable...
Comment cela se peut-il, si en transportant ce colon à Alger, on y a transporté aussi deux ou trois fois le capital qui I’aurait fait vivre en France?... Le ministre de la guerre a affirmé dernièrement que chaque individu transporté en Algérie a coûté à l'État 8000fr. Or il est positif que les malheureux dont il s'agit auraient très bien vécu en France sur un capital de 4000 fr...
Déplacer le travail, c'est déplacer les travailleurs, c'est troubler les lois naturelles qui président à la distribution de la population sur le territoire."
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