Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
  • : Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!
  • Contact

Mon profil

Recherche

Réseau

9 février 2007 5 09 /02 /février /2007 08:09
Voici les grandes lignes du programme du Parti Socialiste proposé vers 1880. (référence: La Tyrannie Collectiviste - Yves Guyot)
  • "Le travail est la source de toute richesse et de toute civilisation, et comme un travail profitable à tous n'est possible que par la société, le produit général du travail devrait appartenir à la société, c'est-à-dire, à chacun de ses membres.
  • Les classes ouvrières ne peuvent pas transférer les moyens de production à partir du privé vers la propriété collective, sans avoir acquis la puissance politique... Les classes ouvrières socialistes s'efforcent d'établir par tous les moyens légaux un état libre et une société capitaliste, d'écraser la loi d'airain des salaires par la suppression du système du salariat, de faire cesser l'exploitation sous toutes ses formes, d'écarter toute inégalité politique et sociale. Le parti ouvrier socialiste allemand, afin de préparer les voies à la solution de la question sociale, revendique la fondation d'associations productives socialistes, à l'aide de l'État, sous le contrôle démocratique du peuple ouvrier.
  • Suffrage universel direct (proposition disparue par la suite)
  • Législation directe par le peuple, particulièrement le pouvoir de décider sur des questions de guerre ; armement universel au lieu des armées permanentes;
  • Suppression de toute loi ou mesure opposée à la liberté de la presse, des réunions publiques, des coalitions et juridiction par le peuple ;
  • Éducation universelle d'État dans toutes les branches ;
  • Un seul impôt progressif sur le revenu, la propriété  et sur les successions suivant l'importance de l'héritage et le degré de parenté
  • Droit de coalition sans limites
  • Un travail journalier limité à un maximum de huit heures. ;
  • La prohibition du travail de dimanche ;
  • La prohibition du travail des enfants et du travail des femmes probablement nuisible à la santé ou à la moralité ;
  • Un intervalle du repos non interrompu, au moins de trente-six heures hebdomadaire, pour chaque ouvrier.
  • Lois pour la protection de la vie et de la santé des ouvriers ;
  • Loi pénale sur la responsabilité des employeurs ;
  • Règlement du travail dans les prisons
  • Surveillance de toutes les usines, règlement des conditions du travail dans les villes et dans le pays par un office de l'emploi... Hygiène industrielle à imposer strictement.
  • Le même statut juridique pour les travailleurs agricoles et domestiques. Suppression des règlements au sujet de serviteurs.
  • Assurance de travail entièrement à la charge de l'état"
Pour le libéral Yves Guyot en 1880, le plus choquant dans le programme socialiste est la substitution de l'État au contrat. C'est l'État qui décide des avancées sociales et non plus l'individu en négociant gré à gré. Au vu des revendications exposées, il est fascinant de constater que la plus grande part du programme socialiste a été appliquée en France. La nationalisation de l'ensemble des entreprises, l'interdiction du travail des femmes sont parmi les seules propositions qui n'ont pas vu le jour.
Comment le capitalisme a-t'il pu absorber l'essentiel de ces revendications sans devenir pour autant socialiste? En conservant le principe le plus important de la déclaration des droits de l'homme: En respectant les droits de propriété...
L'intrusion de l'Etat atténue l'efficacité du capitalisme à juguler la précarité. Il crée une violence qui laisserait entendre que les rapports de classe perdurent. donnant toujours du grain à moudre à la gauche se réclamant d'un Socialisme désuet. Le Parti Socialiste a peu d'imagination car il est resté rivé à ses figures ancestrales. Dans cette veine, à l'image de son dernier programme, il lui ne reste qu'à inventer de multiples tracasseries (voir son programme).
Partager cet article
Repost0
8 février 2007 4 08 /02 /février /2007 00:00
Les États n'ont pas froid aux yeux. Les États ont du mal à gérer les prisons, à éviter le trafic de drogue, à juguler l'immigration sauvage, à faire régner avec diligence la justice... Qu'importe, ils désirent s'attaquer à une des tâches la plus extraordinaire jamais imaginée : contrôler le climat.
Voici un extrait ci-dessous de la critique libertarienne aux USA de la guerre au changement climatique "Let me worry about the climate changes" :
"Une Guerre au Changement Climatique peut engendrer la plus terrible dictature que le monde ait jamais vue, envahissant les vies privées de chaque personne. Dans une telle guerre, il n'y aura aucune ligne de démarcation claire de l'ennemi. L'ennemi changera avec le climat et le climat est notoirement variable. Comme le climat change naturellement, les États politiques de notre monde auront une perpétuelle excuse pour aller plus loin dans leur intrusion dans notre vie privée afin de contrôler le moindre de nos comportements."
On pourra ajouter à cela le dossier préparé par les cercles libéraux avec le dernier article de Claude Allègre qui analyse les propositions de Nicolas Hulot (pas de nucléaire, pas d'OGM tout en luttant contre le réchauffement). "Mais plus encore cette stratégie est un danger pour la démocratie. Une société du rationnement et de régression économique serait refusée par les citoyens, il faudrait donc l’imposer et on sait où ont mené les sociétés qui voulaient faire le bien des gens malgré eux ! Toute cette stratégie est l’inverse de ce qu’il faut faire.
"
Partager cet article
Repost0
6 février 2007 2 06 /02 /février /2007 00:05
Bastiat au Xixème siècle s'étonnait que les Parisiens ne se couchent pas tous les soirs avec anxiété en pensant au lendemain.  "Et cependant tous dorment en ce moment sans que leur paisible sommeil soit troublé un seul instant par l’idée d'une aussi effroyable perspective. D’un autre côté, quatre-vingts départements ont travaillé aujourd’hui, sans se concerter, sans s’entendre, A l’approvisionnement de Paris. Comment chaque jour amène t'il ce qu’il faut, rien de plus, rien de moins, sur ce gigantesque marché? Quelle est donc l’ingénieuse et secrète puissance qui préside à l’étonnante régularité de mouvements si compliqués, regularité en laquelle chacun a une foi si insouciante, quoiqu’il y aille du bien-être et de la vie ? Cette puissance, c’est un principe absolu, le principe de la liberté des transactions." Cette idée est similaire à celle du laissez-faire de Turgot, à celle de la main invisible de Smith puis à celle de l'ordre spontané de Proudhon puis d'Hayek. Murray Rothbard pense que le premier anarchiste à avancer cette idée fut Chuang-tzu en 300 avant JC. Hayek est le théoricien qui a le plus poussé l'idée de l'utilisation des forces spontanées dans la coordination des échanges. En 1958, Leonard Read écrit un texte qui fait école "Moi, le crayon" (I, Pencil) dans lequel il reprend cette idée d'une collaboration admirable entre toutes les forces spontanées d'organisation pour aboutir à la construction de cet objet si banal qu'est le crayon. "Il y a quelque chose d’encore plus étonnant : c’est l’absence d’un esprit supérieur, de quelqu’un qui dicte ou dirige énergiquement les innombrables actions qui conduisent à mon existence. On ne peut pas trouver trace d’une telle personne. A la place, nous trouvons le travail de la Main Invisible." Le concept de l'ordre spontané s'oppose à l'idée que la perfection puisse être atteinte par la planification d'un gouvernement centralisé. Mais attention, le moteur social de la spontanéité ne s'exprime que s'il y a un minimum de liberté!
Partager cet article
Repost0
4 février 2007 7 04 /02 /février /2007 09:51
Monique Canto-Sperber est en quête d'un socialisme libéral, façon d'excuser plus d'un siècle d'errements du socialisme, de raccrocher la social-démocratie à une philosophie qui traverse l'histoire et de donner au libéralisme des habits acceptables pour le faire avaler à une gauche française accrochée au piquet de son histoire. À travers le libéralisme italien qui formula le premier cette idée d'apparence saugrenue, elle débat (et l'émission est passionnante) avec Jean Petitot, coauteur du libéralisme en Europe, à propos de Piero Gobetti "la révolution libérale", Benedetto Croce, Carlo Rosselli et Luigi Einaudi... Une des grandes spécificités du libéralisme italien aurait été de tenter de rendre compatible le socialisme avec le libéralisme.
Pour Einaudi et Gobetti, le libéralisme est une méthode générale et empirique pour résoudre les problèmes politiques. Le capitalisme ainsi que le libéralisme sont métapolitiques. Pour des raisons de complexité, il est difficile de faire des calculs rationnels comme le constructivisme le conçoit. Cette théorie rejoint l'idée de l'ordre spontané d'Hayek. Le libéralisme progresse par essais et erreurs, par tâtonnements. Ainsi le libéralisme appartiendrait au registre de la métapolitique. Le libéralisme serait compatible avec des systèmes politiques différents tels parfois le Socialisme.  Ainsi les luttes sociales concourent à la mondialisation progressive du système capitaliste. La lutte des classes est une forme naturelle du conflit, une concurrence des groupes sociaux qui concourent à la progression des libertés et au renouvellement des élites.
Pour Monique Canto-Sperber, "Inscrire l'idéal intellectuel de la liberté au coeur de la lutte des classes et de la justice sociale est un des apports les plus originaux du libéralisme italien."
J'imagine que les tâtonnements de l'histoire nous ont montré largement les erreurs du socialisme au siècle passé. Ainsi, il est peu raisonnable de revenir là-dessus et de recommencer un cycle d'essais dangereux. La lutte des classes si grégaire, me semble peu compatible avec les évolutions actuelles du capitalisme. A l'heure où les hérauts de la gauche récriminent le manque de collaboration et l'égoïsme induit des sociétés capitalistes, le modèle de la lutte des classes ne me semble pas de nature à progresser sur ces questions.

Partager cet article
Repost0
3 février 2007 6 03 /02 /février /2007 00:09
Je m'insurge devant les fréquentes apologies de Chavez et dieu sait si les occasions sont nombreuses. Sur Thalassa, hier  soir, on nous présente la "révolution bolivarienne" sans le moindre esprit critique. Les images sont splendides. En fin de reportage, on voit Chavez, très cabotin, réclamer de voir la mer plutôt que de se fondre dans le frétillement des notables et des caméras.
L'argent du pétrole afflue dans un petit village de pêcheur.
On ne nous dit pas les critères qui ont justifié tant de générosité pour cette région de pêcheurs. C'est cela finalement les derniers relents du Socialisme: du fric à gogo, de jolies animatrices de gauche qui éduquent à la vie en société. Il est vrai qu'il y a un net progrès par rapport aux camps de travail du siècle passé. Chavez y ressemble finalement à un grand directeur de MJC qui semble décider lui-même des activités des membres de l'association.
"En fait, le règne de M. Chavez contient les germes de sa propre destruction: son utilisation sauvage du revenu du pétrole -- la dépense du gouvernement a été multiplié par huit pendant ses huit années de pouvoir--. Elle a été consacré principalement à la consommation ou des aventures étrangères ridicules. L'investissement dans l'économie, et même dans l'industrie pétrolière elle-même, sont pauvres, et la plupart des experts pensent que la production de pétrole du Venezuela diminue. Le crime et la corruption sont croissants : Les meurtres sont en hausse de 67 pour cent depuis l'ère de Chávez. Si les prix du pétrole continuent à chuter, la révolution de M. Chávez sera redevenue ce qu'elle est : une fraude populiste." Voir ici. On pourra ajouter à ce portrait ce message de Jean-Pierre Chevallier sur la guerre économique entre l'Iran et les USA. Il semblerait que le même sort puisse être réservé à l'Iran et au Venezuela.
Partager cet article
Repost0
2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 00:05
Le comédien n'a pas en France l'image du libéral. Au contraire, à force de grenouiller dans les jupons de l'État et des politiques, il semble ne survivre que grâce aux subventions. Nombreux sont les metteurs en scène, aussi prestigieux soient-ils qui n'imaginent pas leur carrière sans subventions. (exemple Alain Françon en déc 2005 sur France-Culture) Pourtant les principes de vie sur scène de l'acteur s'apparentent au libéralisme. Si on s'amusait à transposer le processus de création d'un spectacle de théâtre à la politique, on ne tomberait pas sur une entreprise collectiviste, bien au contraire... Liberté et responsabilité sont deux clés de voûte d'un processus de création. L'entreprise collective de la création a besoin d'avancer par petits pas et de prendre des risques innovants. Dans ce cadre, l'initiative de chacun est plus utile au groupe que le strict respect de la hiérarchie. Mener une troupe jusqu'à la création d'un spectacle est une véritable entreprise qui nécessite une grande confiance entre les partenaires. Jouvet était un régisseur de haut niveau qui travaillait pour Copeau, avant d'être le grand acteur que l'on connaît. L'art du comédien au XXème, au-delà de la méthode, laisse une large place à la spontanéité afin de permettre à la vie de s'insuffler dans le spectacle. C'est une des découvertes du théâtre russe au début du XXème avec Stanislavski. Il n'y a jamais rien d'acquis en théâtre et chaque représentation est différente.
La notion de "propriété" est fortement développée dans le théâtre. Outre le respect du texte et des auteurs, la performance individuelle de chacun est soulignée, conditionnant fortement leur carrière. Je ne crois pas que nos acteurs modernes participeraient avec enthousiasme à un "Mass Game" coréen. La troupe, dès ces premières prestations reçoit un "feedback" rapide de la part du public comme une entreprise reçoit un retour de la part de ses clients par la vente de ses produits. C'est le succès octroyé par le public dans le rôle du consommateur qui donne un sens à la représentation théâtrale. Une partie de l'évolution du théâtre d'aujourd'hui, c'est de permettre au public de participer de plus en plus activement au processus théâtral. On voit même par le Théâtre-Forum d'Augusto Boal, l'outil théâtre utilisé comme outil d'exploration et de prototypage de nouveaux comportements rendant les individus plus maîtres de leur destin. De plus, l'art de l'acteur ainsi que celui de l'écriture d'une pièce, est de toucher à l'universel à partir du particulier. L'acte théâtral va nous faire partager le destin singulier d'un individu-personnage qui à travers ses pérégrinations va nous apprendre des choses sur le monde et sur nous-mêmes.  La grande force du théâtre, c'est de s'adapter à son public et développer les compétences individuelles de chacun au bénéfice de la collectivité. La magie du théâtre, c'est un peu comme la main invisible d'Adam Smith où toutes les forces engagées concourent à la réussite du projet. L'entreprise économique a à apprendre de l'entreprise théâtrale.
On lira cet article de Mary Crossan sur le sujet. On pourrait même se demander aussi si l'entreprise théâtrale ne doit pas aussi quelque chose aux préceptes de l'économie qui, bien plus tôt que le théâtre, a théorisé le libre-échange et l'ordre spontané. Le comédien est un entrepreneur libéral qui s'ignore!
Partager cet article
Repost0
31 janvier 2007 3 31 /01 /janvier /2007 23:58
Partager cet article
Repost0
31 janvier 2007 3 31 /01 /janvier /2007 19:10
Il y a deux sortes de droit à la Paresse. Le droit à la Paresse "socialiste" qui grâce à la bienveillance d'un état salvateur me pousse à prendre des congés. Il me reste à vivre de peu sans avoir trop d'ambition grâce aux salaires (faibles mais sûrs parfois) que mon travail dans cet environnement réglementé finit par me délivrer...
Le droit à la paresse de type capitaliste est celui qui peut m'être octroyé par une épargne bien pensée ou par la revente d'un bien sur le marché. Ce dernier type de paresse est un choix à portée de plus en plus de citoyens dans un système capitaliste à plein régime.
L'émission à laquelle participait Jean-Louis Caccomo dans le Grain à Moudre sur le thème du pouvoir d'achat a été peu enthousiasmante. Ce n'est pas la faute de JLC qui s'est peu exprimé: "On ne décrète pas une augmentation du pouvoir d'achat. On ne peut avoir du temps libre et du revenu que si on augmente la productivité...". Celui-ci a même du avaler son chapeau pour ne pas exprimer son désaccord en fin d'émission devant des intervenants qui justifièrent un droit à la paresse par la pollution engendrée par le travail, la compétition individuelle destructrice des relations sociales, l'Amérique laborieuse...
On gardera en mémoire la dernière intervention de JLC reprenant à son compte les théories de Bastiat sur capital et travail. (Harmonies Economiques) "Les actionnaires et les dividendes ne sont pas un revenu indu. Le capital est du travail cumulé. Séparer capital et travail c'est entrer dans un clivage marxiste qui n'est pas pertinent." On lira le message de JLC à propos de l'émission, à réécouter ici.
Partager cet article
Repost0
30 janvier 2007 2 30 /01 /janvier /2007 00:05
Dans la bande à Bonnaud, Catherine Nay à propos de sa biographie de Sarkozy, invoque la période 86-88 où la France aurait été (la plus) libérale. Cette embellie aurait valu à Chirac la perte de la présidentielle 89 notamment à cause de la suppression de l'ISF. Sur les statistiques, on remarque que cette courte période aurait coïncidé avec une petite baisse de chômage. (On téléchargera l'extrait ici).
Partager cet article
Repost0
28 janvier 2007 7 28 /01 /janvier /2007 00:05
Mes amis comédiens sont très occupés avec le problème de l'intermittence. L'un fait une journée de garde-à-vue, soupçonné d'avoir fraudé en faisant passer des cours dans les écoles pour des contrats de prestations. L'autre fait passer l'information ci-dessous comme une nouvelle de première importance après l'ajournement du vote concernant la loi où l'on voit la droite manoeuvrer pour noyer le poisson... "Le seul espoir, ce serait une niche PC ou UDF avant les présidentielles. Quand les médias en son temps parlaient de la violence de nos interventions (comme Starac), quand Rddv parle de la violence à son encontre cet été à Avignon, j'aurais envie de leur dire que j'ai vécu une matinée très violente : violence de la désinformation, violence des mensonges, violence des roublardises, violence des petits arrangements entre amis, violence du non-respect du travail commun et hors du commun effectué dans l'enceinte de l'assemblée Nationale, violence de la basse manoeuvre procédurière de monsieur accoyer (exécuteur testamentaire du gouvernement assujetti au medef). La dernière intervention de Noel Mamère sur "le fossé qui se creuse entre les citoyens et la politique " était digne. Après ces pratiques mafieuses, que la classe politique ne s'étonne pas du dicton populaire: tous pourris!."
L'État à travers le gouvernement Jospin dans les années 2000 a fait le choix de traiter le spectacle comme une cause nationale. Il a introduit la notion "innovante" d'intermittent du spectacle. Il aurait pu dans sa soif de donner un coup de pouce à certains domaines, choisir l'environnement, la recherche ou autres.
On devrait s'attendre d'ors et déjà à une véritable invasion du "spectacle vivant" français exportant ses compétences et transformant bientôt en richesse exemplaire cette hardiesse extraordinaire portée sur la culture. On pourrait s'attendre dans les années à venir à l'émergence des compétences acquises lors de ces explorations nouvelles de création théâtrale et de spectacles de rues. Petit exemple symptomatique, on pourrait s'attendre à une nouvelle littérature sur la création, témoin de l'émergence des compétences nouvellement acquises. Les discours des gens de théâtre à la radio n'ont souvent rien à voir avec la pratique journalière des acteurs. Aujourd'hui, en dehors des nombreux textes d'auteurs, si vous cherchez un guide pour mener une répétition théâtrale, réussir un casting, échauffer les acteurs pour les mettre en état de création, apprendre à faire une mise en scène, il faudra vous lever tôt car ces livres sont rares. Nombreux par contre sont les livres autobiographiques sur les aspects anecdotiques de la vie de l'acteur, sur la décentralisation théâtrale, sur l'histoire du festival d'Avignon ou de telle ou telle troupe héroïque. Mais si vous voulez découvrir le théâtre par la pratique, les livres sont aussi rares que des perles dans l'océan.  Il vous faudra vous tourner vers la littérature théâtrale des États-Unis où le théâtre est vivant et dynamique, se nourrissant allègrement à la mamelle du théâtre amateur qui est celle de la passion et de l'innovation.
L'Etat dans sa grande mansuétude a enlevé au comédien un de ses moteurs: la prise de risque. Ce n'est plus la recette qui guide désormais l'art du spectacle. L'État offre désormais au comédien un confort unique au détriment d'autres domaines sans doute plus productif pour l'économie française. Il rend le comédien dépendant de l'Etat, avec une ribambelle de nouvelles occupations comme la signature de pétition, l'occupation, la manifestation et le remplissage de formulaires ad-hoc. Ce statut d'intermittent semble faire l'unanimité chez mes amis comédiens. S'il leur permet de se lancer dans l'aventure du spectacle avec une apparente sécurité, il permet aussi aux grosses sociétés de production de jongler avec ce comédien sans vergogne pour les contributions de l'État.
L'intermittence est un droit aujourd'hui devenu aussi naturel que celui de monter sur une scène et toute atteinte à ce nouveau droit -étrange petit monstre hurlant- inventé de toutes pièces par l'État, est une grave atteinte à la liberté et à la culture...
La progression irrépressible du spectacle vivant ne se fera pas. Il y a de fortes chances que cet investissement soit contreproductif pour l'Etat et les Français. "Le financement des intermittents coûte presque 1 milliard d'euros aux salariés du secteur privé." selon Aurélien Véron La nouvelle qualité du spectacle français ouvrira-t-elle un nouveau marché pour justifier un tel investissement? J'en doute. On peut s'imaginer même que dans cette offre pléthorique, le talent original ait encore plus de difficultés pour s'extraire du marché, transformé en panier de crabes.
Partager cet article
Repost0