Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Gauche totalitaire : les mésaventures d'un fantôme de gauche.
  • : Partagez l'itinéraire d'un électeur de gauche devenu un adepte de la mondialisation libérale. Employé d'une "world wide company", l'auteur vit la mondialisation au quotidien et ne s'en plaint pas. Peu de mouvements d'humeur, des faits et des chiffres!
  • Contact

Mon profil

Recherche

Réseau

25 mars 2006 6 25 /03 /mars /2006 00:00
Je me sens particulièrement affecté par les émeutes actuelles contre le CPE. Mon fils de 19 ans, étudiant à Jussieu, participe à toutes les A.G. dans un climat qui frise la paranoïa. "C'est la France qui tombe" dit-il au plus fort de son angoisse me renvoyant le titre du livre de Nicolas Baverez. Les affrontements font une fois de plus la première page avec photo couleur du Int Herald Tribune. "Nous craignons même d'être licenciée pour refuser une proposition sexuelle." conclut l'article. Dans mon éreintement, je ne peux m'empêcher de penser que ces étudiants, débordés ou manipulés, font le lit des prochaines émeutes des banlieues. Sur le Blog de Copeau, j'ai découvert cet article de Thomas Sowell tiré de Capitalism Magazin dont voici quelques extraits... Sowell explique en quoi un allègement des risques et des coûts de l'embauche diminue le chômage, s'étonne de l'extension implicite de la notion de droit aux privilèges, puis s'inquiète de l'éducation des étudiants à qui l'université ne semble pas prodiguer les connaissances économiques minimums.
"Les émeutes estudiantines à Paris nous rappellent que l'éducation dans les établissements scolaires d'élite n'est pas suffisante pour enseigner des valeurs plus élevées ou même les sciences économiques de base. Pas plus de ce côté de l'Océan atlantique que du nôtre. Pourquoi les étudiants de la Sorbonne et autres établissements distingués manifestent'ils avec une telle véhémence en s'attaquant à la police ? Parce qu'ils veulent des privilèges au nom de leurs droits, et sont trop ignorants des sciences économiques pour se rendre compte que ces privilèges leur coûtent leur travail. Comme quelques autres pays de l'Union Européenne, la France a des lois draconiennes afin d'empêcher les licenciements. La gauche politique a longtemps cru que de telles lois étaient une manière de réduire le chômage. Mieux, elle est restée sourde au fait que les pays avec de telles lois, comme la France et l'Allemagne, ont habituellement des taux de chômage plus élevés que des pays sans de telles lois, comme les Etats-Unis. Les étudiants et leurs défenseurs politiques, y compris les syndicats, les dépeignent comme victimes. Parmi les slogans chantés par les émeutiers, on entend « nous ne sommes pas de la chair à patrons »... Un député de gauche a déclaré : « Créer une discrimination basée sur l'âge transgresse les droits fondamentaux ! »  En d'autres termes, les gens ont un droit pour que d'autres doivent continuer de les employer, qu'ils le veuillent ou non...  Le fait que beaucoup d'étudiants pensent seulement en termes de « droits, » mais non en termes de conséquences, montre d'importantes lacunes dans leur éducation. Le droit à un travail n'est évidemment pas la même chose qu'un travail. Autrement il n'y aurait pas un taux de chômage de 23 pour cent parmi les jeunes ouvriers français.  La loi peut créer l'égalité des droits pour de jeunes ouvriers inexpérimentés mais la loi ne peut pas les rendre également productifs. La notion grisante des « droits » -- et particulièrement la notion que les droits dépassent les droits de certains autres, quand ces autres gens appartiennent à une certaine classe suspecte appelée les « patrons » -- est un dispositif trop familier des états-providence
modernes. Le Premier ministre français Dominique de Villepin connaît une grande baisse de popularité. C'est ce qui se produit quand un politique tente d'être raisonnable face à des gens qui préfèrent croire au non-sens. Cela fait partie des sciences économiques élémentaires que le coût de l'embauche s'ajoutant aux autres coûts, avec les risques inhérents, tend à réduire le nombre d'ouvriers potentiels à embaucher. Le fait qu'une telle ignorance des sciences économiques de base et qu'une telle sensiblerie soient si répandues dans les établissements d'élite est l'un des nombreux échecs des universités des deux côtés de l'Océan atlantique."

Partager cet article
Repost0
22 mars 2006 3 22 /03 /mars /2006 00:00
Les auteurs de cette enquête, Sylvain Brouard et Vincent Tibéri ont travaillé sur les Français d'origine étrangère issus de Turquie, du Maghreb et d'Afrique (hors Maghreb). Le résultat est condensé dans un livre publié sous le titre: "Français comme les autres?"  Ces "nouveaux français" seraient plus religieux surtout chez les musulmans qui semblent représenter 60% des personnes interrogées. La fréquentation des offices n'est pas plus forte.  L'Islam serait le véhicule de l'identification et de l'intégration pour les jeunes. Il existe un fort attachement à la gauche représentant 75% de sympathisants. Chose surprenante, malgré cet attachement à la gauche, Jacques Chirac est la personnalité préférée des français issus de l'immigration. Les Etats-Unis sont perçus de manière plus négative qu'Israël. Les 3 points négatifs pour un peu plus du tiers des personnes sont les suivants: une sur-représentation de l'anti-sémitisme, le conservatisme à l'égard des femmes où les relations sexuelles ne sont pas acceptées avant le mariage,  une plus grande intolérance sexuelle envers les homosexuels. Ces préjugés culminent dans le cas des personnes se rendant régulièrement à la mosquée. En dehors de ces points noirs, les personnes interrogées sont plus diplômées en général. et ne manifeste pas un comportement différent que les français en général. L'ensemble des personnes ne déclare aucune difficulté à pratiquer leur religion et aucune volonté anti-laïque.
Partager cet article
Repost0
20 mars 2006 1 20 /03 /mars /2006 00:00
Le traitement de l'information en France ressemble au traitement des résultats sportifs. On ne s'intéresse qu'au comportement des Français, à un seul aspect des choses et on évite d'avoir une analyse globale. On oublie très vite de parler des autres participants à la compétition qui ne sont pas français. "Magnifique exploit des 35 heures qui se classe troisième avec 100000 emplois créés en quelques mois, loin derrière les représentants du libéralisme mais quel exploit puisque c'est la première fois que la gauche obtient une médaille! Interview à chaud du capitaine de l'équipe, Martine Aubry."  Cette belle langue française à laquelle nous sommes attachés agit parfois comme un bunker qui nous empêche de voir le monde dans sa globalité. Les préjugés ont la vie dure. Ainsi la désinformation comme la rumeur se fonde sur des a priori pour prospérer. Elle agît comme une grande marée et met des années à se retirer tout en laissant de profondes excavations. Les sujets ci-dessous ont subi d'importantes déformations en France, ils constituent une liste non exhaustive. La plupart des fausses idées qui en émanent continuent d'avoir leur influence.
  • Le Chili d'Allende depuis 1973
  • La politique de Reagan et de Thatcher depuis 1980
  • Le libéralisme depuis une vingtaine d'années
  • La vache folle:  à cause du libéralisme des anglais
  • La Guerre d’Irak (la couverture télévisuelle en 2003)
  • Le duel Kerry-Bush (en 2004, on a même cru que Kerry l'emporterait)
  • Katrina :  pas seulement en France
  • Le Venezuela avec Daniel Mermet (depuis les années 2000)
  • Le Pentagone de Thierry Messan (heureusement  vite démenti mais les dégâts sont prégnants dans le monde arabe)
  • ...
Nous sommes mal informés en France. Il convient de rester constamment vigilant, curieux jusqu'à l'obsession et aller chercher l'information au-delà de l'apparence. Les Blogs sont une source nouvelle d'informations qui nécessite des recoupements. Le livre reste une source privilégiée. Une librairie en ligne comme Amazon permet de se procurer nombre de publications traduites en langue française ou brutes de fonderie, en langue anglaise ou autres.
Partager cet article
Repost0
18 mars 2006 6 18 /03 /mars /2006 00:00
Les atouts de la France sont nombreux: une bonne productivité, une bonne formation, un rayonnement touristique qui en fait une des premières destinations... Voici 15 points qui feraient la différence.
1. Le chômage est entre 4% et 5%. Il subsiste des zones comme Marseille à plus forte densité fortement touchée par la diminution du nombre de fonctionnaires.
2. La dette est en voie de résorption à 400Milliards. Cette dette aurait pu être résorbée plus vite mais de nombreux plans sociaux susceptibles de gérer la transition d'un état protecteur au libéralisme ont été mis en place. L'essentiel des services publics comme la RATP, la SNCF, La Poste sont privatisés. Les modalités de  transition d'EDF sont en discussion.
3. Le Oui à la constitution européenne passe avec 54 %, ceci est dû à une forte abstention.
Malgré l'opposition des purs libéraux (une constitution de 30 pages faisant peur à ceux-ci), des protectionnistes souverainistes représentés par la droite conservatrice, de la frange la plus dure de la gauche, le oui est passé. En effet, il aurait été jugé inutile de faire un patchwork en guise de constitution, d'insister sur une Europe sociale existant déjà par elle-même. On n'aurait pas parlé de plein emploi et le nombre de fonctionnaires européens bien qu'important serait moindre.
4. Les universités françaises et la recherche française sont réputées dans le monde
5. Sangatte n'existe pas. L'immigration serait moindre compte tenu de l'absence d'état-providence.
6. La guerre d'Irak n'aurait pas eu lieu. La France aurait soutenu le commandant Massoud en Afghanistan faisant d'elle un partenaire important de la région. Son rayonnement est important. Un pays qui a 4 % de chômeurs, moteur de l'Europe, qui est en passe de résorber sa dette et qui a des relations privilégiées avec le monde arabe exerce une forte influence auprès des Américains... D'ailleurs, il y a un moment que la France a distendu ses relations avec Saddam Hussein.  Ayant conquis de nouveaux marchés, elle s'est peu compromise avec les frasques de Saddam. Ainsi les fortes pressions sur Saddam H. l'ont obligé à se démettre.
7. Les relations avec le Maghreb et l'Afrique sont excellentes. La France fidèle à sa tradition des droits de l'homme insiste concrètement sur les problèmes de résorption de la pauvreté. Elle a sérieusement lâché du lest sur ses subventions à l'agriculture. Elle dispose de plus d'une agriculture productive qui rend inutiles les subsides.
8. On voit naître une nouvelle agriculture constituée de petites exploitations biologiques et José Bové en est le plus dynamique représentant.
9. Face à l'Islam militant minoritaire, il existe un islam modéré très influent. Notamment, la France a permis quelque adoucissement dans le conflit israélo-palestinien. La banlieue française avec un chômage des jeunes inférieur à 10 % est une référence en matière d'intégration. En représailles, Al Qaïda réalise dans le métro un attentat comparable à celui de Londres.
10. Les syndicats français ont deux fois plus d'adhérents et sont un partenaire essentiel dans les négociations.
11. La SNCM est une entreprise rentable qui fait de la Corse une destination chère mais très huppée pour des vacances écologiques loin des grands hôtels et d'une foule trop dense.
12. ATTAC n'existe pas et Ignacio Ramonet est le journaliste le plus connu du journal l'Humanité. SOS Racisme ou le MRAP n'existent pas. Besancenot est un sympathique représentant de syndicats. Les populistes de l'extrême droite sont au maximum à 10% comme la Ligue communiste associée au PC.
13. Le film d'auteur français se porte fort bien : une palme d'or au festival de cannes et ce n'est pas la seule de ces dernières années.
14. La journée du patrimoine n'existe pas. Les Français sont réputés pour l'art de la restauration des vieux villages et des vieilles maisons. L'art du moëllon et de la construction anarchique fait partie d'un autre âge.
15. Paris est ville olympique. Zinedine Zidane joue à Marseille. Renault excelle en F1 et devient champion du monde des constructeurs. (sic)
Partager cet article
Repost0
17 mars 2006 5 17 /03 /mars /2006 00:00
La France a raté le coche en 1981. Giscard, plombé par Chirac, a affronté Mitterand. Il avait avec lui Raymond Barre. Celui-ci avait traduit en 1956 le livre phare de Friedrich Hayek. Selon l'humanité, Barre, rêvant d'une démocratie à l'américaine, aurait dit : "la démocratie française se portera mieux, le jour où la moitié des citoyens n’éprouvera plus le besoin de se rendre aux urnes. " Nul doute que dans cette période charnière, Giscard aurait embrayé le train derrière les locomotives Thatcher et Reagan. Le chômage aurait diminué. Nous aurions évité les turpitudes de la gauche, de Mitterand puis celles de la droite. Selon Jean-Pierre Chevallier, "Raymond Barre, alors qu’il était Premier ministre choisi par Giscard, a mené une politique qui a permis aux Français d’avoir le niveau de vie relatif le plus élevé de l’après guerre : au 9° rang mondial alors qu’il est tombé au 16° rang après 25 ans de gouvernements de gauche antilibéraux." La gauche et la droite seraient peut être un peu plus éclairés qu'elle ne le sont aujourd'hui. Le peuple souverain se tromperait-il parfois?
Partager cet article
Repost0
15 mars 2006 3 15 /03 /mars /2006 00:00
En Amérique latine, un nouveau racisme : les Indiens contre les blancs
 
 
LONDRES.– Evo Morales, président élu de la Bolivie, assumera après-demain la première magistrature de son pays. D’ors et déjà son investiture a été un grand succès médiatique.

Sa tenue et son aspect, qui paraissaient programmés par un brillant conseiller d'image ont fait les délices de la presse et élevé l'enthousiasme de la « gauche stupide » à des hauteurs orgasmiques.

Je pronostique que le style du nouveau président bolivien, ses pull-overs doublées avec toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, blousons de cuir usés, se transformeront bientôt en nouveau signe de distinction vestimentaire de l’intelligentsia progressiste occidentale.

Nouvelles excellentes pour ce qui est marchands de colifichets boliviens et péruviens et pour les fabricants pull-overs des pays andins, qui verront ainsi augmenter leurs exportations.

Ce qu'ont souligné des journalistes et des politiciens occidentaux est qu’Evo Morales est le premier indigène occupant la présidence de la Bolivie, et par conséquent on corrige une injustice discriminatoire et raciste de cinq siècles, commise par la petite minorité blanche contre les millions d'Indiens aymaras et quechuas boliviens.

Cette affirmation est une inexactitude historique flagrante, parce que par la présidence de la Bolivie sont passés un bon nombre de boliviens d’origine plus humble, généralement « espadones » qu'en ayant commencé comme simples soldats, ils sont montés dans la hiérarchie de l'armée jusqu'à se hisser au pouvoir au moyen d'une « cuartelazo », peste endémique dont la Bolivie n'est pas parvenue à être libérée avant la seconde moitié du XXème siècle. Pour les racistes intéressés par ce type de statistiques, je leur recommande de lire un essai splendide “Los caudillos bárbaros” sur les dictateurs  qui se sont succédés à la présidence de la Bolivie au XIXème écrit par Alcides Arguedas, historien incisif, bien que pessimiste dans sa vision.

Non il y a de nombreuses années, il apparaissait que le racisme était une tare dangereuse, qui devait être combattue sans relâche, parce que les idées de race pure, ou de races supérieures et inférieures, avaient montré avec le nazisme les conséquences apocalyptiques que ces stéréotypes idéologiques pouvaient provoquer. Mais grâce à des personnages comme le Vénézuélien Hugo Chávez, Evo Morales et la famille Humala au Pérou, le racisme perçoit  à travers ces protagonistes une nouvelle respectabilité et, il est favorisé et béni par un secteur irresponsable de la gauche, il se transforme en valeur, critère qui sert à déterminer la bonté et la méchanceté des personnes, c'est-à-dire, la correction ou  l’incorrection politique.

Poser le problème latino-americain en termes ethniques comme le font ces démagogues est une irresponsabilité insensée. Cela équivaut à vouloir remplacer certains préjugés latino-americains stupides des blancs contre les Indiens, par d'autres, absurdes, des Indiens contre les blancs. Au Pérou, Isaac Humala, père de deux candidats présidentiels dans les élections du prochain avril - dont l’un d'eux, le lieutenant colonel Ollanta- a expliqué l'organisation de la société péruvienne, en accord avec la race, qu’il aimerait que chacun de ses sbires arrivant au gouvernement mette en pratique : le Pérou serait un pays où seulement les « andins » jouiraient de la nationalité ; le reste - des blancs, noirs, jaunes seraient seulement « des citoyens » auxquels on reconnaîtrait quelques droits.

Si un « blanc » latino-americain avait fait une proposition semblable, il aurait été crucifié, avec raison, par la colère universelle. Mais comme c'est une hypothèse indienne, cela a seulement mérité quelques commentaires discrets ou une approbation silencieuse.

J'appelle ceci une « hypothèse » indienne, parce que, en vérité, Isaac Humala a quitté  son village d'où la famille Humala est sortie pour tout transférer à Lima. Un sociologue est récemment allé enquêté sur les antécédents andins des Humala dans ce lieu, et a découvert que les paysans locaux les considéraient comme des « mistis », c'est-à-dire, des « blancs », parce qu'ils avaient des propriétés, bétails, et ils étaient des exploitants d'Indiens.

Evo Morales non plus n'est pas un Indien, proprement dit, même s'il est né dans une famille indigène très pauvre. Il suffit de l'entendre parler son bon castillan, de voir sa modestie astucieuse (« je m’alarme un peu, messieurs, me voir entourée de tant de journalistes ; pardonnez-moi »), ses ambiguïtés étudiées et sages (« le capitalisme européen est bon, donc, mais celui des Etats-Unis ne l'est pas ») pour savoir que Evo est emblématique du type créole latino-americain. Il a une vaste expérience de manipulateur acquise dans sa longue trajectoire de dirigeant « cocalero », membre de l'aristocratie syndicale.

Quelqu'un qui n'est pas aveugle et obtus signale, d'entrée, en Amérique latine, que, plus qu'ethniques, les notions d'« Indien » et le « blanc » (ou « noir » ou « jaune ») sont culturelles, et qu’elles sont imprégnée d'un contenu économique et social. Un latino-americain est blanchi au fur et à mesure qu'il s’enrichit ou acquiert du pouvoir. Tandis qu'un pauvre s’indianise au fur et à mesure qu'il descend dans la pyramide sociale. Ce qui indique que le préjugé ethnique a causé et cause encore des injustices énormes. Il est aussi, et peut-être surtout, un préjugé social et économique des secteurs favorisés et privilégiés contre ceux qui sont exploités et marginalisés.

L'Amérique latine est chaque fois plus un continent métis, culturellement parlant. Ce métissage a été beaucoup plus lent dans les pays andins qu’au Mexique ou au Paraguay, mais a avancé. De telle façon que parler « Indiens purs » ou « blancs purs » est une incongruité. Cette pureté ethnique, si elle existe, est confinée dans des minorités tellement insignifiantes qu'elle n'entre pas dans les statistiques (au Pérou, les seuls Indiens « purs » seraient, selon les biologistes, les « urus du Titicaca ».)

En tout cas, par une raison élémentaire de justice et d'égalité, les préjugés ethniques doivent être dénoncés comme une source abjecte de discrimination et de violence. Tous, sans exception, ceux des blancs contre les Indiens et ceux d'Indiens contre des blancs, noirs ou jaunes. Il est extraordinaire qu’il faille rappeler encore et, surtout, à cette gauche que, par des gens comme le commandant Hugo Chávez, Evo Morales ou le docteur Isaac Humala, on a droit à des formes renouvelées de racisme.

Non seulement la race devient un concept idéologique présentable en ces temps aberrants. Et le militarisme aussi. Le président du Vénézuéla, Hugo Chávez, vient de faire l'éloge la plus exaltée du général Juan Velasco Alvarado, le dictateur qui a régi le Pérou entre 1968 et 1975, dont la politique, a-t-il dit, continuera au Pérou avec son protégé, le commandant Ollanta Humala, s'il gagnait les élections.

Le général Velasco Alvarado a démoli par un coup d'État le gouvernement démocratique de Fernando Belaunde Terry et a instauré une dictature militaire de gauche expropriant tous les moyens de communication et a mis les canaux de télévision et les périodiques entre les mains d'une camarilla de mercenaires recrutés dans les sentines de la gauche. Il a nationalisé les terres et la bonne partie des industries, il a emprisonné et a déporté ses adversaires et a mis fin à toute forme critique et d’opposition politique. Sa politique économique désastreuse a fait entrer le Pérou dans une crise indigne qui a frappé, surtout, les secteurs les plus humbles, ouvriers, paysans, et le pays ne récupère pas encore de cette catastrophe que le général Velasco et sa maffia militaire ont causée au Pérou. Celui-là est le modèle que le commandant Chávez et son disciple le commandant Humala voudraient - avec la complicité des électeurs idéologisés- voir réinstaurer au Pérou et en Amérique latine.

Outre racistes et militaires, ces nouveaux caudillos barbares se vantent d'être nationalistes. Il ne pouvait en être autrement. Le nationalisme est la culture de ce qui est inculte, une initiative idéologique construite de manière aussi obtuse et primaire que le racisme (et sa corrélation inévitable), qui réduit la propriété à une abstraction collectiviste – et promeut la nation au rang de valeur suprême.

S'il y a un continent où le nationalisme a fait des dommages c’est l'Amérique latine. Il a été l'idéologie avec laquelle se sont dissimulées toute les dictatures qui ont désagrégé ce continent dans des guerres internes ou externes, le prétexte ayant servi à dilapider des ressources dans des armements (ce qui a facilité les grandes corruptions) et l'obstacle principal pour l'intégration économique et politique des pays latino-americains.

Il paraît étrange que, avec tout ce que nous avons vécu, qu’il y ait encore une gauche en Amérique latine qui ressuscite ces monstres - la race, la botte et le nationalisme - comme la panacée pour résoudre nos problèmes.

Il est vrai qu'il y a une autre gauche, plus responsable et plus moderne - celle représentée par un Ricardo Lagos, un Tabaré Vásquez ou un Lula qui se distingue nettement de celle qu’incarne ces anachronismes vivants qui sont Hugo Chávez, Evo Morales et le clan des Humala. Je l’espère plus influente que celle que propage sur tout le continent le président vénézuélien avec sa verve et ses pétrodollars.

Par Mario Vargas Llosa
Janvier 06

Pour la NATION
Traduction creduleetgoucho
 

Partager cet article
Repost0
13 mars 2006 1 13 /03 /mars /2006 20:30
Le 5 mars 2005, j'écoutais Hubert Sauper sur France-Culture dénonçant  indirectement la mondialisation à travers son documentaire "Le cauchemar de Darwin". On se souvient de l'argument du film: "Dans les années 60, la Perche du Nil, un prédateur vorace, fut introduite dans le lac Victoria à titre d'expérience scientifique. Depuis, pratiquement toutes les populations de poissons indigènes ont été décimées. De cette catastrophe écologique est née une industrie fructueuse, puisque la chair blanche de l'énorme poisson est exportée avec succès dans le monde entier…" Hors,  annonce avec honnêteté Philippe Val, ce film semble pure propagande selon la revue "Les temps modernes". L'histoire semble montée de toutes pièces. Les perches n'ont pas dévoré les autres espèces. Les méchants européens n'exploitent pas les richesses du lac Victoria en affamant la population puisqu'une bonne partie de la population a pu améliorer son niveau de vie. Ainsi, ce film aurait pu être un vibrant plaidoyer pour le libre-échange entre les peuples. On écoutera l'excellent argumentaire de Philippe Val dans Charivari. Le téléchargement de l'extrait permanent fait 2MB.
Partager cet article
Repost0
12 mars 2006 7 12 /03 /mars /2006 00:00
Je reviens d'un voyage de quelques jours au Caire. Mon entreprise a conclu un marché avec le gouvernement égyptien qui consiste dans l'achat de nos produits, revendus ensuite à bas prix aux entreprises les plus performantes du pays. L'Egypte a l'ambition de s'imposer sur le marché du Moyen-Orient. J'ai en face de moi 20 étudiants très motivés et curieux, déjà au fait de la plupart des points forts de notre technologie. Les femmes, portant le foulard, représentent presque la moitié des étudiantes et occupent toutes des responsabilités au sein de leur entreprise. Elles sont jeunes, souriantes et alertes. Regroupées sur un côté de la salle, elles font preuve de curiosité et posent questions sur questions. Ces quelques jours de formation seront très agréables et épuisants.
Mon hôte, Mohamed se déclare partisan des frères musulmans.  "It's not a big deal". Il me présente son pays comme le plus ouvert du Moyen-Orient dont rien ne pourra faire changer le style de vie. Il explique son soutien aux Frères musulmans par le manque de liberté politique. "Imagine, un cordon de policiers se tenait devant les bureaux de vote pour dissuader les gens de voter! Notre pays est pacifique et ouvert. On peut s'y promener en toute sécurité à toute heure du jour et de la nuit." En contrepoint, je croise 3 jeunes américains résidents en Egypte, heureux de leur expérience, et qui ne souffrent depuis 8 mois d'aucune agressivité. Le centre de formation abrite un restaurant danois, peu fréquenté actuellement. Quant à l'influence du terrorisme, "les médias occidentaux en font trop et exagèrent son influence". Cette dernière affirmation fait l'unanimité. Comme celle-ci: "Le peuple américain est bon mais pas son gouvernement."
Je suis plutôt fier d'être ici. J'ai le sentiment que la technologie et les échanges commerciaux rapprochent les hommes et que le transfert de connaissances que nous opérons est aussi une manière d'aider l'Egypte à progresser économiquement. Dans l'avion qui me ramène en Europe, je croise une jeune française. "J'ai vécu deux ans en Egypte. Quand je suis partie de France, j'étais lassée de celle-ci. J'ai maintenant envie de rentrer, j'ai la nostalgie de la France. L'Egypte a changé au cours de ses deux dernières années. La pression religieuse sur les femmes est plus forte depuis deux ans. Je comprends l'Arabe, on me prenait souvent pour une Égyptienne. et le discours des mosquées se durcit envers les étrangers."
Partager cet article
Repost0
9 mars 2006 4 09 /03 /mars /2006 00:09
On lira avec plaisir cet article de Jacques de Guénin tentant de resituer générosité, morale et libéralisme à sa juste place... "En réalité le libéralisme est avant tout une morale individuelle, ensuite une philosophie de la vie en société dérivée de cette morale, enfin seulement, une doctrine économique qui se déduit logiquement de cette morale et de cette philosophie... Le libéralisme s'intéresse à l'individu plus qu'à la société. Il considère que la société n'est qu'un ensemble d'individus libres et responsables, et que tout ce que chacun de nous fait pour les autres, il le fait librement, soit par raison, soit par inclination."
On y ajoutera Libéralisme et humanisme de Patrick Vezine. "Il ne s’agit pas pour nous de défendre les pauvres. Non, nous sommes bien plus sociaux que cela : nous voulons donner l’opportunité à un pauvre de ne plus l’être dans une société de liberté, du libre-choix et de la responsabilité individuelle. Car nous sommes attachés à la valeur inestimable représentée par la dignité humaine."
Partager cet article
Repost0
7 mars 2006 2 07 /03 /mars /2006 00:00
Voici un article montrant les progrès de la démocratie capitaliste et libérale dans le monde face au totalitarisme. A la moindre fenêtre qui s'ouvre, le Moyen-Orient vote pour les Islamistes préférant l'incertitude des fanatiques à la chape de plomb instituée. Pourtant, hormis les résultats des élections qui laisse augurer des lendemains difficiles, on peut y voir quelques progrès notables:
    Palestine : Parlement démocratiquement élu.
    Egypte : Election municipale reporté après une forte augmentation de l'opposition
    Irak : Elections démocratiques
    Kowéit : Le Parlement pour la première fois renvoie l'émir en place et en confirme un autre.
    Emirats Arabes Unis : La moitié des membres (du pseudo) parlement sera élue pour la première fois.
    Yémen : Nouveau gouvernement de technocrates avant les élections présidentielles.
    Bahrein : L'opposition participera à de prochaines élections parlementaires.
    Syrie : Prisonniers politiques libérés et création d'un parti libéral.
    Jordanie : Des règles plus strictes sur la formation des partis, expansion possible des libertés des médias et de la participation politique.
On lira également le bilan annuel que tire Liberté-Chérie de l'"HeritageFoundation" concernant l'indexation des libertés économiques dans le monde...
Pour ceux qui veulent continuer à croire aux ténèbres éternelles, il reste toujours la lecture du monde diplomatique servi sans esprit critique.
démocratie contre totalitarisme
Partager cet article
Repost0