Un logiciel libre est comme une 2CV. On a accés à toutes les pièces. On peut monter son logiciel en kit en toute liberté. Le logiciel libre permet à l'ensemble des étudiants, des petites sociétés et parfois de quelques grandes sociétés de partir en sécurité, avec un minimum, sur les routes chaotiques de l'informatique. Bien sûr, il faut être un peu mécanicien. Le logiciel libre pour une entreprise peut être complexe à gérer car il est comme une voiture en kit que va monter l'entreprise pour améliorer sa productivité et rendre plus efficace ses procédures métiers. Un logiciel fourni par un éditeur de logiciel a pour ambition d'être une Formule 1. Nul besoin de regarder sous le capot, il est juste nécessaire de conduire au plus vite. Obtenir le résultat voulu au plus vite.
En général tout État aime le logiciel libre. D'un point de vue politique, c'est tout bénéfice. L'État s'affranchit de la tutelle coûteuse des sociétés d'éditeurs logiciels, le plus souvent américaines comme Microsoft ou IBM. Politiquement, cela fait bon effet. Il devient plus flexible car il a toute la palette des "open-sources" qui s'offre à son choix. Il diminue son budget logiciel. En général, ses procédures sont plus lourdes et bureaucratiques pour obtenir un budget. C'est parfait!
Néanmoins il prend un risque, il lui faudra apprendre à gérer son logiciel, pièce par pièce. Un vrai mécano. Il se confronte à un danger plus insidieux: Celui de perdre de l'argent en coûts supplémentaires de main-d'oeuvre pour gérer son mécano logiciel. Pour un État, ce n'est pas trop grave, il a souvent à disposition de la main-d'oeuvre dont il n'aime pas se débarrasser. Dans le pire des cas, il devra faire appel à des consultants externes qui vont l'aider à gérer ses logiciels libres. Ainsi, le coût d'un logiciel libre peut s'avérer à long terme plus important que celui d'un logiciel d'un gros éditeur de logiciel. Prenons l'exemple d'un logiciel acheté 3000 €. Sur 3 ans, avec 20% de maintenance, ce logiciel reviendra à 3000+600x3=4800 €. Cette somme correspond à 4-5 jours d'un consultant externe. On peut espérer au minimum que ce logiciel bâti avec force investissements fera gagner plus de 5 jours de productivité en 3 ans. Ainsi les coûts apparents d'un logiciel informatique sont à considérer sur le moyen terme et non à l'achat. Le logiciel libre devrait ainsi être considéré comme n'importe quel logiciel sur le marché. Restreindre le choix de son logiciel informatique aux logiciels libres est dangereux pour la productivité à long-terme de l'informatique des États. Les sociétés privées qui ont une gestion informatique saine font des choix en fonction de leurs besoins et non en fonction de critères idéologiques ! Les États prennent ainsi le risque d'avoir des coûts informatiques importants à long terme et une productivité plus faible de leurs équipes.